@ Elemmirë : Pareil!!! Je n'ai pas grand chose à ajouter!
Ce topic m'énerve également, ça ressemble à du "psychanalyse-centrisme".
Euh, je tiens juste à préciser que ce n'est pas le topic qui m'énerve (d'ailleurs l'énervement n'est pas le terme pour moi), qu'on parle de psychanalyse ne me choque pas, ce qui me choque c'est le raccourci qui est fait, à savoir: "Tous les futurs psys devraient d'abord faire une psychanalyse pour soigner leurs propres problèmes", qui sous-entend que tous les futurs psys ont des problèmes. Et c'est ce sous-entendu qui me gêne. Ca me fait penser à la célèbre sommation du tribunal: "Monsieur, avez-vous, oui ou non, cessé de battre votre femme?", à laquelle l'homme ne peut répondre ni oui ni non s'il ne l'a jamais battue.
Elemmirë, personne a dit "il faut avoir souffert pour être psy"...mais "il faut faire un travail personnel".
Nuance !
Dans ce cas-là, peux-tu me dire à quoi sert un travail personnel, d'après toi, s'il ne s'occupe pas de souffrances?
Cette jeune fille de 19 ans dans l'article a beaucoup de mérite d'exposé aussi son pb.
La réponse du coach n'engage que lui.
D'accord avec ça, je me permettais de le relever mais aussi de le mettre en lien avec ce qui a été dit précédemment par les participants au fil.
L'horreur n'est pas dans le fait que tu n'aies jamais souffert (ce que je doute fortement tout de même) mais dans le refus d'aller voir en toi tout ce qui pourrais porter préjudice aux patients.
Je suis carrément choquée par cette phrase. Et n'y a-t-il pas de l'horreur dans ta catégorisation, sans même m'avoir vue une seule fois, sans savoir qui je suis, et être capable d'affirmer tout de go que j'ai forcément souffert et que je refuse de le reconnaître? Et qui plus est, de croire que seule la souffrance vécue non reconnue pourrait nuire aux patients? Parce que, crois-moi, il y a bien d'autres façons de nuire aux patients que de projeter sur eux nos souffrances... Il y a aussi, par exemple, l'envie de leur attribuer une souffrance, "forcément là", sans en avoir eu la moindre preuve ou le moindre symptome, en se basant sur le préjugé que tout le monde a forcément souffert.
Donc, oui, il m'est arrivé d'être triste, de ressentir de la souffrance, quand mon premier amour m'a quitté, par exemple, pour autant, je ne ressens pas le besoin de le traiter en psychanalyse, parce qu'elle me semble une souffrance saine et que je n'en garde pas de séquelle. Merci donc d'éviter l'écueil de projeter sur moi ta propre conception de la vie qui est que tout le monde a souffert, et d'autant plus, ceux qui ont choisi de faire psycho, parce que ce n'est forcément pas pour rien. Non, c'est pas pour rien: je vois des gens qui souffrent et par empathie, ça me gêne, j'ai envie de les aider, je sais que j'ai eu la chance d'avoir un entourage et une vie assez solide pour me donner une certaine force, et j'ai envie de m'appuyer sur cette force pour faire avancer ceux qui ont eu moins de chance. Je me sens assez stable pour supporter de voir de la souffrance tous les jours, sans que cela me tire vers le bas. Je ne suis pas parfaite, comme tout le monde j'aurai mes défauts de psychologue, il me faudra les repérer et en prendre garde, mais je remercierai chacun de rester à sa place et de ne pas décider pour moi de mes défauts sans jamais m'avoir rencontrée.
Tes arguments sont erronés, je peux très bien parler de la mort sans l'avoir vécu aussi.
Ce n'est pas moi qui donne comme argument qu'il faut avoir vécu les choses pour pouvoir en parler, c'est le coach, et c'est justement ce que je dénonce, en poussant son argument jusqu'au bout.
Dois je en conclure que ton empathie est tributaire de ton état d'âme ?
Ben justement, donc, il me semble que non, et qu'il n'est pas nécessaire d'être passé par toutes les épreuves vécues par un patient pour pouvoir l'aider... C'est exactement l'inverse que je défend...