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groliv
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« le: 17 Fvrier 2008 17:23:51 » |
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Je propose de relancer ici un sujet proposé incidemment par Fedric dans ce post ( ici). @ Fedric : peux-tu reposer la problématique ?
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« Dernière édition: 17 Fvrier 2008 17:26:08 par groliv »
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"Quand Lacan fait de la cure, parce qu'elle change le rapport du sujet aux objets, à la jouissance, à l'autre et aux autres, une sortie du capitalisme, je ne crois pas qu'il s'agisse d'une formule pour les chiens..." Marie-Jean Sauret, L'effet révolutionnaire du symptôme
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Fedric
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« Répondre #1 le: 18 Fvrier 2008 12:20:24 » |
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 Oui merci Groliv. Je sais que c'est un sujet embarrassant, que ne date pas d'hier, mais qui est toujours d'actualité. Je trouve même incroyable qu'en 2008 on se pose toujours la question "Faut-il ou non mener un travail personnel ?" La réponse me semble évidente : OUI Alors, pourquoi ne pas mettre en place un procédé de suivis "psychique" de l'étudiant d'une centaine d'heures en fin d'étude. Je pense que c'est à nous "nouvelle génération" de proposer des solutions là où nos Pères ont échoués. (Personnellement, je connais suffisamment de psy pour voir que c'est un pb sérieux. Je passe sur les horreurs que je peux observer dans leurs comportements. La plus part de ces personnes sont des individu(e)s très SCOLAIRES et ont réussi avec brio leurs études, sans jamais avoir mit une seule fois les pieds chez un psy.) Une suggestion dans le code de déontologie à un travail personnel ne suffit pas à mes yeux.
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"Le sérieux, ce symptôme évident d’une mauvaise digestion." Friedrich Nietzsche
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piklea
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Messages: 3528
M1 (bis) - Administrateur Psychomirail
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« Répondre #2 le: 18 Fvrier 2008 12:33:46 » |
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@ Fedric : la réponse est évidente, en effet (pour OUI) mais d'après toi, ce travail personnel tu le commencerais à partir de quelle année dans le cursus universitaire ? Faut-il plutôt "pencher" vers une thérapie ou une psychanalyse ? Et le problème financier ? Cela coûte très cher et sur du long terme. Difficile dans ces conditions  même si la volonté et la motivation sont présentes........
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« L'analyse est un remède contre l’ignorance mais elle est sans effet contre la connerie...» (Lacan) « L’homme descend pas du singe, il descend plutôt du mouton...» (Saez) « A tout moment la rue sait aussi dire non...» (Eiffel)
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Mariebg23
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« Répondre #3 le: 18 Fvrier 2008 12:48:49 » |
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Il semble effectivement au jour d'aujourd'hui impensable de vouloir aider des patients en ayant toujours en nous nos propres démons Car se pose toujours la question de ce qui ramène à soi et perturbe la comprêhension de l'autre. Donc un travail personnel "coule de source". Peut être que la fac pourrait proposer (imposer  ) aux étudiants une thérapie personnelle. Le problème étant : qui va suivre ces étudiants en thérapie?, la fac ne pouvant ni imposer, ni conseiller tel ou tel thérapeute libéral. Et comment et à qui proposer des solutions ? En passant par des syndicats de psychologues ? je viens de lire la réponse de Piklea et effectivement se pose aussi le problème financier, bien que personnellement j'ai pu suivre une thérapie dans un centre gratuit, un hopital de jour. Je pense que dès la L2 ou L3, cela laisserait le temps à l'étudiant de continuer son analyse pendant tout son cursus, sans être "bousculé". Difficile effectivement mais pas infaisable, il ne faut pas lâcher l'idée. 
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nns
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« Répondre #4 le: 18 Fvrier 2008 13:03:47 » |
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je suis du même avis que Fedric : oui à un travail personnel au cours de sa propre formation. ce travail sur soi, guidé par un professionnel, est la meilleure façon de se connaître et de comprendre comment on "fonctionne". et comprendre comme on "fonctionne", c'est selon moi ce qui fonde l'essence même du psychologue.
mais chacun fait comme il le sent. selon sa sensibilité, sa façon d'être avec les gens. quand il est prêt. je pense en effet que pour qu'une analyse ait du sens, il faut le vouloir, le désirer, ce sens. se dire "ah oui ce serait bien quand même" n'est peut-être tout simplement pas suffisant... il faut le vouloir car suivre une analyse peut amener bien de la frustration, de la souffrance, qui sait ce que l'on peut découvrir...
du coup, je ne suis pas pour l'idée de "forcer" les étudiants à suivre une analyse. ça en perdrait tout son sens. c'est à eux de voir, de faire leur chemin.
PS : Fedric, pourrais-tu nous donner quelques exemples concrets de psychologues ayant commis des "horreurs" dans leurs comportements ? qu'ont-ils fait ?
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Elemmirë
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« Répondre #5 le: 18 Fvrier 2008 15:35:04 » |
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Intéressante cette question! Et, au risque de choquer (encore!), je vais donner les raisons qui font que je ne me suis pas, pour ma part, étudiante en M1, encore engagée dans une thérapie personnelle: Il y a l'aspect financier, cela va de soi. 30€ la séance en moyenne, chez un psychologue non remboursé (serait-ce considéré comme sectaire si je disais que ça me ferait ch... de payer un psychiatre alors que je me prépare à devenir psychologue??  ), avec un 3 quarts temps pour payer études, appart', voiture, etc, autant dire que c'est trop cher pour moi; Autre aspect: il y a la question de la demande. Du besoin. Il faut "chercher le sens", comme dit nns, l'analyse (ou le travail quel qu'il soit) a pour but de "se débarrasser de ses démons"... Mais quand on n'en ressent aucun besoin? Je veux dire, je ne suis pas parfaite, comme tout le monde j'ai des défauts, des peurs, etc, mais je n'ai pas l'impression d'avoir été confrontée à un événement traumatisant au cours de mon existence qui m'empêcherait d'être heureuse. La thérapie vise le bien-être: et si on se sent déjà bien? Qu'est-ce qu'on va chercher? La cause de quoi? L'explication à quoi? Plusieurs fois dans ma vie, j'ai entendu des reproches du genre "Tu peux pas comprendre, toi, t'as jamais souffert.". C'est peut-être un handicap pour être psy, mais je suis ravie de faire avec! Et je crois que l'équilibre est aussi une force. On ne peut pas tous être des survivants, hein... Mon intervention paraîtra peut-être nulle aux yeux de certains. Et pourtant, je l'assume ^^ À vous les studios, Elemm', heureuse et heureuse d'être heureuse!
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Journalisée
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lucile
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« Répondre #6 le: 18 Fvrier 2008 17:10:21 » |
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Merci beaucoup Elemmirë, ton intervention est loin d'être nulle. Je suis tout à fait d'accord avec toi. J'avoue être assez étonnée par le fait que ce débat soit encore d'actualité. Je pensais la question révolue depuis longtemps!!!  La question ne concerne que la psychanalyse, qui, on ne le répètera jamais assez, n'a pas le monopole du soin!!! Et autre chose, combien de jeunes vont alors être animé par le désir d'entreprendre une étude sur soi, en se lançant dans les études de psycho, si on l'incluait dans le cursus!!! je crois qu'on mélange tout. Mon opinion sur la question est, qu'au contraire, il faut savoir prendre des distances par rapport à soi-même.
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Journalisée
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Fedric
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« Répondre #7 le: 18 Fvrier 2008 19:59:25 » |
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Voila ce que j'en pense : Comment faire pour institutionnaliser le "travail personnel" et le rendre obligatoire ? Institutionnaliser : Il faut sensibiliser les institutions du bien fondé de "produire" des psychologues sains et laver de tout soupçon concernant leur propres santé mentale. Meilleurs images de la profession, meilleurs résultats, crédibilité ect... Et donc leur demander de sous !! Soit que nous pourrions rembourser, soit donner le change. Je suis conscient que les dérives peuvent être nombreuse. A voir. Le "travail personnel": Indispensable, accompagné par un(e) thérapeute. Je trouve très prétentieux ou naïf de se croire immuniser contre toute forme de pathos. Le rendre obligatoire : Je prend l'image du permit de conduire : Le code = Théorie, la conduite = Pratique. L'un ne va pas sans l'autre. Pourquoi la psychologie échapperait à cette règle : Le diplôme = Théorie, stage/thérapie = Pratique
Après ce "travail personnel" pourrait très bien être fait par counseling, Tcc, entretient, passe ect ...
Le nerf de la guerre, c'est l'argent. Donc il faut convaincre l'état que c'est du gagnant-gagnant ou donnant-donnant selon. Investir sur des psy irréprochable, c'est remettre la france sur le haut de la scène internationale en proposant un sytème innovant... blablabla...Tout n'est qu' affaire de rhétorique. Le retour sur investissement sur 3 ans ect...Je n'ai pas pris le temps d'y réfléchir mais il y a surement une piste.
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Journalisée
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"Le sérieux, ce symptôme évident d’une mauvaise digestion." Friedrich Nietzsche
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Barbara
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« Répondre #8 le: 18 Fvrier 2008 20:04:12 » |
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Et, au risque de choquer (encore!), je vais donner les raisons qui font que je ne me suis pas, pour ma part, étudiante en M1, encore engagée dans une thérapie personnelle: Il y a l'aspect financier, cela va de soi. 30€ la séance en moyenne, chez un psychologue non remboursé (...) c'est trop cher pour moi; Autre aspect: il y a la question de la demande. Du besoin. Il faut "chercher le sens", comme dit nns, l'analyse (ou le travail quel qu'il soit) a pour but de "se débarrasser de ses démons"... Mais quand on n'en ressent aucun besoin? Je veux dire, je ne suis pas parfaite, comme tout le monde j'ai des défauts, des peurs, etc, mais je n'ai pas l'impression d'avoir été confrontée à un événement traumatisant au cours de mon existence qui m'empêcherait d'être heureuse. La thérapie vise le bien-être: et si on se sent déjà bien? Qu'est-ce qu'on va chercher? La cause de quoi? L'explication à quoi? Plusieurs fois dans ma vie, j'ai entendu des reproches du genre "Tu peux pas comprendre, toi, t'as jamais souffert.". C'est peut-être un handicap pour être psy, mais je suis ravie de faire avec! Et je crois que l'équilibre est aussi une force. On ne peut pas tous être des survivants, hein... Oh que non, ton intervention, Elemm', est loin d'être nulle, car elle pose des questions de base. Concernant le coût d'une séance, sache qu'il existe de multiples arrangements (autant d'arrangements que de patients ?  ). L'idée n'est pas de fixer un montant prédéfini pour tout le monde, mais bien de s'adapter aux moyens de chacun. Il "faut" que cela "coûte" bien évidemment, mais ça ne doit pas être sanglant ! Certes, tu n'en ressens aucun besoin à ce jour, mais il me paraît néanmoins capital de mener ce travail. Les études de psycho ne s'entreprennent pas comme ça, comme des études de droit, commerce, langues ou biologie ; c'est un domaine particulier auquel tu es venue. Tu sens que ce n'est pas le moment de te poser ces questions là, ça te regarde et personne n'a à redire quelque chose là-dessus. Toutefois, faire l'économie de ce travail me paraît risqué dans la pratique. Quant au fait de se sentir heureuse, d'abord, permets-moi de te dire que ça fait plaisir de le lire  Et ensuite, je suis assez d'accord sur l'idée que tu sous-entends. Il faut pouvoir être suffisamment sain psychiquement pour soutenir le métier de clinicien car nous avons affaire avec la souffrance de l'autre. Mais je n'irai pas jusqu'à dire que, parce que tu n'as pas vécu d'événement traumatisant, tu es quelqu'un de solide et qui peut être contenant face à l'autre. Que se passerait-il si un tel événement t'arrivait ? D'où le travail d'analyse  J'avoue être assez étonnée par le fait que ce débat soit encore d'actualité. Je pensais la question révolue depuis longtemps!!!  AHhh que serait un débat sans le point de vue de Lucile, provocant... La question est peut-être résolue pour toi ; tu peux apporter ton regard, mais serait-ce possible que tu sois moins méprisante vis-à-vis des thèmes de questionnement proposés et que tu laisses les autres se questionner si ça leur chante ? La question ne concerne que la psychanalyse, qui, on ne le répètera jamais assez, n'a pas le monopole du soin!!! Effectivement, elle n'a pas le monopole du soin car elle ne se définit pas elle-même comme "soin", et n'a pas non plus de visée soignante ou traitante. Tout simplement parce qu'elle considère le symptôme, non pas comme quelque chose à erradiquer, mais comme le signe d'une énigme, et qu'il a une fonction (cf tes cours de 1ère et 2e année de psycho clinique). Ensuite, non il n'y a pas que la psychanalyse. Il existe quantité de personnes qui sont en souffrance et qui ne relèvent absolument pas d'un travail de ce type. Il existe un consensus à ce propos. Ca me paraît au ras des paquerettes, mais je le dis puisque tu veux l'entendre. je crois qu'on mélange tout. Mon opinion sur la question est, qu'au contraire, il faut savoir prendre des distances par rapport à soi-même.
Je suis tout à fait d'accord : il faut savoir s'oublier dans le travail avec le sujet, une fois qu'un travail sur soi conséquent a été entrepris. Comment faire pour institutionnaliser le "travail personnel" et le rendre obligatoire ? Institutionnaliser : Il faut sensibiliser les institutions du bien fondé de "produire" des psychologues sains et laver de tout soupçon concernant leur propres santé mentale. Meilleurs images de la profession, meilleurs résultats, crédibilité ect... Et donc leur demander de sous !! Soit que nous pourrions rembourser, soit donner le change. Je suis conscient que les dérives peuvent être nombreuse. A voir. Le rendre obligatoire : Je prend l'image du permit de conduire : Le code = Théorie, la conduite = Pratique. L'un ne va pas sans l'autre. Pourquoi la psychologie échapperait à cette règle : Le diplôme = Théorie, stage/thérapie = Pratique
Le nerf de la guerre, c'est l'argent. Donc il faut convaincre l'état que c'est du gagnant-gagnant ou donnant-donnant selon. Investir sur des psy irréprochable, c'est remettre la france sur le haut de la scène internationale en proposant un sytème innovant... blablabla...Tout n'est qu' affaire de rhétorique. Le retour sur investissement sur 3 ans ect...Je n'ai pas pris le temps d'y réfléchir mais il y a surement une piste.
Oulaa tu me fais peur Fedric ! La psycho tente jusqu'à présent d'échapper à la logique commerciale et tu voudrais l'y précipiter ?  Que fais-tu de la fonction du coût dans le travail ? Je ne crois pas à un travail "Ajax" qui procèderait à un lavement de cerveau, d'émotions et d'inconscient... Quelle horreur ! Ca me rappelle le concept "d'hygiène mentale" très en vogue actuellement... La terminologie que tu emploies et les idées que tu développes me gènent vraiment. Que deviendrait la singularité ? On serait tous pareil, formatés, correctement "produits", rien qui dépasse. Quelle tristesse... Enfin, je ne vois pas d'un très bon oeil le fait de rendre ce travail obligatoire parce que, par définition, il est personnel. La demande ne peut émaner de l'université.
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« Dernière édition: 18 Fvrier 2008 20:19:03 par Barbara »
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Elemmirë
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« Répondre #9 le: 18 Fvrier 2008 20:29:24 » |
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Il faut sensibiliser les institutions du bien fondé de "produire" des psychologues sains et laver de tout soupçon concernant leur propres santé mentale. (...) Je trouve très prétentieux ou naïf de se croire immuniser contre toute forme de pathos. Je trouve contradictoire ces deux idées, à moins que la première soit ironique? Comment peut-on affirmer qu'une thérapie réalisée en un an, deux ans, 5 maxi (le temps des études de psycho) peut délivrer une attestation de "bonne santé mentale"? Pour ma part, je ne me prétends pas du tout immunisée contre quoi que ce soit. Bien sûr, la santé psychique, tout comme la santé physique, évolue! Si demain je perdais mes proches dans un accident, ou s'il m'arrivait moi-même un handicap, il est évident que ma santé mentale s'en trouverait très affectée. Ce que je disais, c'est simplement que, si le besoin de thérapie ne se fait pas sentir pendant nos études, on ne va pas provoquer des souffrances volontairement juste pour avoir quelque chose à soigner! Le rendre obligatoire : Je prend l'image du permit de conduire : Le code = Théorie, la conduite = Pratique. L'un ne va pas sans l'autre. Pourquoi la psychologie échapperait à cette règle : Le diplôme = Théorie, stage/thérapie = Pratique Je trouve surprenante, pour ne pas dire terrifiante, l'idée de rendre obligatoire un travail sur soi. Ca n'a pas de sens! Qui peut, et de quel droit, nous obliger à réaliser ce travail? Quelle place reste-t-il à la demande, au besoin, au désir? Notre travail est d'aider ceux en souffrance en analysant, comprenant et écoutant, mais il ne me semble pas que notre travail soit d'utiliser la thérapie pour devenir des sortes de "super-héros" psychologiquement parfaitement équilibrés. Ai-je mal compris? Les études de psycho ne s'entreprennent pas comme ça, comme des études de droit, commerce, langues ou biologie ; c'est un domaine particulier auquel tu es venue. Tu sens que ce n'est pas le moment de te poser ces questions là, ça te regarde et personne n'a à redire quelque chose là-dessus. Toutefois, faire l'économie de ce travail me paraît risqué dans la pratique. J'en suis venue à la psycho parce que j'aimais le contact avec les gens, et que les voir malheureux, voir qu'ils n'avaient pas la chance que j'avais, en quelque sorte, me touchait, et m'a donné envie d'utiliser cette force intérieure au service des autres, au lieu de vivre mon bonheur dans mon coin. Personnellement je ne pense pas faire partie de ceux qui ont entrepris psycho pour régler leurs propres problèmes: en aucun cas je ne critique cette démarche ici, au contraire, mais ce n'est simplement pas la mienne. Enfin, je rajouterais qu'on ne choisit pas non plus le droit, la biologie ou le commerce par hasard... Ni la traite des vaches, la comptabilité ou le bâtiment. Sans dire qu'il s'agit toujours de choix délibérés (situations précaires, pression sociale, etc), il y a toujours une part de choix qui nous pousse à faire une chose plutôt qu'une autre. je n'irai pas jusqu'à dire que, parce que tu n'as pas vécu d'événement traumatisant, tu es quelqu'un de solide et qui peut être contenant face à l'autre. Que se passerait-il si un tel événement t'arrivait ? D'où le travail d'analyse Bien-sûr, je ne prétends pas être invincible non plus! Et il est même possible que le cocon de chance dans lequel j'ai grandi, si un jour il s'écroule, me laisse bien désemparée. Mais tant que j'ai de l'énergie, et que je sais pouvoir compter sur mes proches et sur moi-même pour la renouveller, j'en profite pour la mettre au service de ceux qui n'en ont pas (ou moins). Quant à l'idée que tu proposes là... Une thérapie préventive? Hmm, idée à réfléchir.... Je suis sceptique, comme dirait la fosse :p
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« Dernière édition: 18 Fvrier 2008 20:35:31 par Elemmirë »
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Barbara
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« Répondre #10 le: 18 Fvrier 2008 20:55:55 » |
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Elemm', ma réponse n'appelait pas spécialement de réponse de ta part sur le plan personnel. Ces sont tes réponses e je ne te demandais absolument pas de tout nous expliquer en direct des plateaux de psychomirail  Bon, pour être plus sérieuse, je ne crois pas que la majorité des cliniciens aient entrepris des études de psycho pour régler leurs problèmes ; ce n'en est pas l'endroit. Je ne pense pas qu'on aille bien loin avec de telles motivations (inconcientes). Les étudiants qui deviennent effectivement psychologues ont souvent une vie relativement banale, avec des joies et des malheurs, n'ont pas été gravement malades, n'ont pas perdu quelqu'un dans un accident, et n'ont pas non plus été torturés par leurs parents... C'est un portrait un peu caricatural  Ils ont vécu, simplement. Ce que tu décris de toi ne me semble pas si éloigné de ce que je connais des cliniciens faîchement diplomés, futurs diplômés, ou proches de la retraite. Enfin, je ne préconisais nullement une thérapie préventive  Je te soumettais quelques questions, en passant... 
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Journalisée
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lucile
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« Répondre #11 le: 18 Fvrier 2008 21:14:57 » |
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AHhh que serait un débat sans le point de vue de Lucile, provocant...
Merci. La question est peut-être résolue pour toi ;
Révolue, pas résolue! passée quoi, faisant partie de l'histoire ancienne. Effectivement, elle n'a pas le monopole du soin car elle ne se définit pas elle-même comme "soin", et n'a pas non plus de visée soignante ou traitante. Tout simplement parce qu'elle considère le symptôme, non pas comme quelque chose à erradiquer, mais comme le signe d'une énigme, et qu'il a une fonction (cf tes cours de 1ère et 2e année de psycho clinique).
Oui, oui, je sais tout ça! ça fait 3 ans qu'on nous le sermonne. Moi aussi, j'ai bien appris ma leçon. Mais, à partir de là, il est clair que nous ne parlons pas de la même chose. Et, on en arrive à la question cruciale : que fait la psychanalyse si elle ne soigne pas?? Je comprends pas là, et je vous jure c'est pas faute d'essayer. (Peut-être que je m'éloigne un peu du du sujet de départ?)
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Journalisée
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Katharina
équipe
Dépendant

Messages: 861
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« Répondre #12 le: 18 Fvrier 2008 22:12:09 » |
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Depuis ce matin, ce sujet me trotte dans la tête. C'est une des questions essentielles qui revient régulièrement à propos des psychologues, et - comme cela a été souligné d'une façon ou d'une autre par tous - elle semble centrale pour notre pratique. Evidemment, je suis tout à fait d'accord qu'il faut poser la problématique. En revanche, la voie de répondre par oui ou par non ne me semble pas être la "bonne" voie (ou au moins pas du tout la seule) pour trouver une réponse satisfaisante ... Tout comme celle d'essayer de déterminer le type de travail qui devrait être entrepris par un futur psychologue ... Ne s'agirait-il pas de la relation que nous avons au savoir ? au savoir ... c'est à dire à nos connaissances au savoir ... de l'autre au savoir ... sur l'autre et ses difficultés Comment faire en sorte que la relation à l'autre, lorsque nous le rencontrons en tant que psychologue, ne soit pas "polluée" par le savoir ? Comment éviter ces interférences ? Ce n'est pas le psychologue qui sait à la place de l'autre, mais il peut accompagner celui-ci dans l'élucidation de sa propre énigme - ça, il sait faire ...  (à condition qu'il sache reconnaître ses propres projections, par exemple) Il me semble que poser le problème dans ce sens permet d'évacuer (c'est à dire à le situer autrement, sur un plan différent) une bonne partie de ce qui a été évoqué au sujet du psychologue et de sa propre souffrance (ou pas) qu'il peut avoir travaillé (ou pas). Je me méfie des "psys" qui ont trop de réponses. Et je crois que, s'il y a des psychologues qui commettent des grossièretés, ou des "horreurs", comme cela a été dit, ce sont peut-être ceux qui - armées de leurs connaissances - ont fait l'économie de se soumettre à l'expérience de la relation à celui à qui on suppose un savoir. Supposer à un autre un savoir (sur nous), cela amène à la question de la demande , indispensable pour initier un travail personnel. Et cela ne concerne absolument pas que la démarche en psychanalyse, mais semble valable pour tous les champs de pratique psychologique (clinique) ou même pour tout style ou technique de thérapie, travail sur soi, etc. Là où il y a demande, il y a transfert. Quant au transfert, [oho ! , ça devient quand-même psychanalytique là !  ] Freud l'a situé dans la répétition (ce qui impliquerait et justifie une activité d'interprétation de la part du thérapeute). En revanche, Lacan le situe dans la relation (le rapport ?) au sujet supposé savoir, où l'interprétation n'a pas vraiment sa place. [Dans ce qui suit, je m'aventure sur des terrains que je ne maîtrise pas encore beaucoup : corrigez-moi, si je me trompe ! ... j'essaie simplement de poursuivre ma réflexion] L'interprétation figerait le travail à la seule dimension imaginaire (spéculaire, donc), alors qu'il s'agirait pour l'analysant plutôt d'accéder à la dimension symbolique, à sa dimension symbolique : subjective ... (càd d'en connaître quelque chose de sa vérité, d'en savoir qqch à propos du sens de ce qui lui arrive, le sens de son symptôme) Tout cela pour dire pourquoi - selon moi - il ne s'agit que partiellement de comprendre sa propre souffrance (en effet, tous ne souffrent pas !  ), mais plutôt d'avoir éprouvé soi-même cette dimension de la relation de transfert, au cours d'une démarche personnelle. C'est peut-être assez abstrait, Disons que ... j'ai voulu essayer de poser la question ainsi, avec l'impression de trouver par là une ouverture à ce sujet. Je sens qu'il y a encore plein de recoins à explorer dans cette perspective, mais pour l'instant, je vais en rester là. - à suivre ... Katharina
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« Dernière édition: 18 Fvrier 2008 22:21:29 par Katharina »
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Journalisée
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Fedric
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« Répondre #13 le: 18 Fvrier 2008 22:16:53 » |
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Alors, je mentionne bien le fait que l'étudiant aurait le choix de sa thérapie. A mon tour de ne pas vous comprendre, vous dénoncez les tarifs du future métier que vous allez exercer ?!? Dans mes terrifiantes idées de proposer une obligation de travail sur soi, il y a bien sûr en arrière plan l'idée d'un modèle psychanalytique. Sans être un Lagache des universités, vivre un "travail sur soi" accompagné par une personne reconnu par la fac, payé par l'état ne me semble pas effrayant. Qu'il y est des compensations, non plus.
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"Le sérieux, ce symptôme évident d’une mauvaise digestion." Friedrich Nietzsche
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Cecile
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L3 - Admin Psychomirail
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« Répondre #14 le: 18 Fvrier 2008 23:09:00 » |
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@Fedric:
Rendre obligatoire un travail personnel consiste à lui tout seul un premier phénomène de résistance. Alors qu'à la base, il me semble, que cet acte de choisir d'entreprendre un travail personnel se fait, en tout état de cause par un désir volontaire du sujet et non pas par obligation (pour X raisons). Ceci dit, tôt ou tard, en restant dans cette profession, nous seront confrontés à cette décision "de travail personnel", par le fait que nous vivons en interaction avec l'autre.
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Journalisée
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“Quiconque prétend s'ériger en juge de la vérité et du savoir, s'expose à périr sous les éclats de rire des dieux puisque nous ignorons comment sont réellement les choses et que nous n'en connaissons que les représentations que nous nous en faisons” Albert Einstein
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