@groliv :
Je ne vois pas ce qu'il y a d'insupportable à écrire qu'un symptôme puisse être aussi socialement inscrit. On observe bien que les sujets adoptent des symptômes de leur temps : l'hystérie ne s'exprime plus aujourd'hui comme du temps de Charcot, certains symptômes sont historiquement datés et certains mêmes n'existent qu'à une époque, que dans certaines cultures.
Personne ne nie ici l’inscription sociale/culturelle des symptômes… sauf que faire de la dyslexie uniquement un symptôme de trouble psychologique par ce que c’est « nouveau » est à mon avis un non-sens. Dire : « ça n’était pas connu, donc ça n’existait pas » est un sophisme de la plus belle espèce ! Et c’est bien un sophisme de la part de M. F, et non un paralogisme (la différence vient de la volonté de tromper.)
Comme le souligne Christelle, ce n’est pas par ce que l’on n’en parlait pas que ça n’existait pas. Je rappelle également que l’évolution des techniques et compétences médicales (en particulier d’imagerie) et l’amélioration des prises en charge change parfois radicalement le discours autour d’une pathologie qui peut aisément passer de psychologique à somatique, ou l’inverse, en fonction du développement des connaissances. (spéciale dédicace à tous les ulcéreux à helicobacter qui ont passé des années à s’entendre dire qu’ils étaient des stressés nécessitent une prise en charge psychologique alors qu’ils étaient des infectés nécessitant une prise en charge antibio…)
L'auteur semble soutenir que la dyslexie n'est qu'une hypothèse - qu'il ne disqualifie pas. N'est-ce pas une position très scientifique que de s'appuyer sur le doute ?
Pour ma part, et il me semble que Christelle partage ce point de vue, je n’ai aucune certitude quand a l’origine de la dyslexie. Je ne suis ni clinicienne, ni thérapeute, ni neuro-biologiste… ma seule certitude est qu’il faut continuer à chercher pour le bien des enfants concernés, sans se fermer des portes sous prétexte de chapelle et de rapports de pouvoir.
L’auteur affirme (dans cet article et dans bien d’autres ou il réitère le même genre de propos) que la dyslexie est un symptôme uniquement et réfute toute réalité biologique/neuro. Des doutes ? …je ne lui offre pas le crédit du doute cartésien. Lorsque l’on doute, olivier, on n’affirme pas…
J'observe des formes très différentes parmis les sujets épinglés comme dyslexiques. J'ai souvent l'impression que l'étiquettage recouvre des problématiques très différentes.
Si ennemi il y a, c'est surement le réductionnisme à un savoir déjà là, qui dirait tout par avance des difficultés de n'importe quel sujet d'une catégorie (ici les dyslexiques).
tu emploi le terme « d’étiquetage », terme évidement très violent lorsqu’on s’adresse à des personnes qui sont dans une démarche intellectuelle qui rejette l’étiquetage. Qui a parlé d’ « étiquetage » ? donner un nom c’est étiqueter ? je ne crois pas. Etiqueter c’est donner une réponse unique à une multitude d’enfants. Par ex, M. F affirme que la prise en charge doit être faite par un psychologue clinicien (réponse unique…)… ha bon. Pour tous les enfants ? Lesquels va-t-il prendre en charge si personne ne met les mains dans le caca en mettant une étiquette ? Ou alors, on peut aussi instaurer la séance obligatoire en CP pour travailler le rapport au savoir du sujet et de ses parents… ? qui, quoi, comment prendre en charge si personne à un moment donné ne dit : « cet enfant a des difficultés d’apprentissage du type dyslexie, dyscalculie…etc. ?
Et quand un orthophoniste/un pédiatre dit à un enfant qu’il est dyslexique, il ne lui dit pas « voilà, tu es comme ça, on va te faire ceci . ». Quelle arrogance de penser que forcément, tous ceux qui ne sont pas des psychologues cliniciens ne prendront pas en compte le sujet. Ne saurons pas être dans un rapport au sujet, et non à l’étiquette… et l’arrogance est vraiment ce qui caractérise ce monsieur.
Reconnaissant la souffrance des parents dont l'enfant du quotidien ne se loge pas exactement à la place de l'enfant rêvé, qui sont eux-mêmes en difficultés et se débattent dans l'existence, qui vivent des situations de précarité... je l'interroge souvent sur la position qu'ils prennent quand ils se réfèrent à un savoir (ici la dyslexie) qui dirait tout des difficultés des enfants.
Ton enfant se loge exactement à la place de l’enfant rêvé toi ? Moi non. comme tous les parents. pourtant nous arrivons à vivre avec….comme la plupart des parents.
Pour la souffrance des parents, je pense que vivre avec un enfant compétent et intelligent qui ne pourra peut-être pas faire ce dont il rêve est effectivement douloureux. Mais je ne crois pas que cette douleur soit forcément un symptôme de quelque chose de plus profond. Affirmer cela serai bien péremptoire… un petit ex concret. J’ai une amie (catégorie socio prof ++ ; pas franchement précaire) dont la fille est dyslexique. Cette enfant rêve de faire l’école du cirque. La mère est très triste. Oulala ! Elle est blessée narcissiquement ? ben non, en fait elle est triste parce qu’elle vient d’apprendre que pour faire l’école du cirque il faut un Bac L et elle a très peur que sa fille, plus douée en math/sciences ne puisse pas atteindre son rêve… on parle beaucoup des risques des « biologismes », « sociologismes », et autres isme. Attention à nos psychologismes.
Le reste de ce passage est une simple affirmation que la dyslexie est forcément liée à un contexte familial particulier. Tu ne semble pas prendre en compte le gros biais de sélection qu’est l’institution…
quid des parents qui ne se débattent pas particulièrement dans l’existence et ont la chance d’avoir des quotidiens plutôt confortables et un rapport au savoir assez banal ? leurs enfants dyslexiques semblent ne pas exister dans tes propos comme dans ceux de M. F.
J'ai aussi rencontré un neuropédagogue, militant de la dyslexie et qui expliquait aux parents que leur enfant n'avait rien à attendre d'une prise en charge en institution. Nous n'avions pas - mais pas du tout - la même lecture de ce qui constituait la problématique de l'enfant.
Je crois que personne ici n’adopte de discours figés ni n’a de certitudes (contrairement à M. F.). Une prise en charge institutionnelle est évidemment un bienfait et permet probablement justement de faire le point sur le rapport au savoir, le contexte social/familial et permet d’éviter à un enfant une prise en charge uniquement « procédurale » qui ne lui apporterai pas tout ce dont il a besoin.
Il ne me parrait pas infamant de dire que la dyslexie nourrit l'activité des orthophonistes en libéral. On peut dire la même chose du stress (ou pire : des "risques psychosociaux") pour les psychologues (et particulièrement des psychologues du travail).
On pourrait donc aussi dire des psys qui interviennent dans le champ du travail qu'ils ne nourrissent d'un phénomène de mode, de la forme pathologique que peut prendre le travail dans notre société contemporaine. Cela me parrait moins faux que réducteur. Ne pas nier cette interpélation permet de continuer à faire vivre la question : "que fais-je quand j'interviens et au nom de quoi est-ce que je le fais ?". Il serait dommage de se priver de laisser résonner la question.
C’est infamant quand l’intention de l’auteur est d’être infamant (ce qui est le cas ici).
Et tu oublie de parler du fond de commerce des psychologues cliniciens qui tentent désespérément de ramasser un phénomène montant en terme de dépistage (par ex la dyslexie) et se précipitent avec leur épuisette en criant « c’est psychologique, c’est psychologique » et en donnant des coups de canne à pêche à tous ceux qui évoquent peut-être des phénomènes qui leur échapperaient (Mais non, M Fijalkow, ça n’est pas infamant)
En conclusion, je pense que personne aujourd’hui ne peut affirmer que la dyslexie est plus biologique que psychologique. Donc, personne ne peut affirmer connaître une prise en charge « optimum ».
Je comprends très bien, olivier, que le discours de M. F te parle, t’intéresse. Il soulève des questions pertinentes, et c’est toujours un plus. Mais on ne peut pas le faire n’importe comment quand on parle de la souffrance de familles entières. Et il le fait n’importe comment dans la forme (tellement d’arrogance) et dans le fond (tellement de certitudes).
Mr F. semble s’être perdu sur le chemin du sujet. Il a oublié qu’il n’existe pas une réponse, une vérité. C’est inconfortable peut-être pour lui de n’avoir pas de certitude… je n’interrogerai pas son rapport au savoir…

titta