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Elemmirë
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« Répondre #2 le: 06 Mars 2010 10:46:29 » |
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Merci pour cet article, Groliv, en effet pas très optimiste mais réaliste sur pas mal de points.
Le dernier paragraphe particulièrement, m'interpelle sur les psys qui "se hasardent à proposer des actes pour lesquels ils ne sont pas formés comme il le faudrait": mis à part qu'ils se mettent en porte-à-faux avec le Code de déonto (ne pas accepter des missions pour lesquels on n'est pas compétent), je vois là aussi un manque de régulation au niveau législatif, et pour ça je vais faire la comparaison avec le corps médical (dont on n'est finalement pas si éloignés quand on travaille avec un peu de rigueur, qu'on est formés sur des bases rigoureuses et qu'on prend la peine d'étudier la validité de nos méthodes, ce qui, à mon sens, devrait être le cas partout et tout le temps) : Pourquoi les médecins, eux, sont-ils pris au sérieux?
Quelques années d'études en plus, mais pas seulement.
Peut-être parce que leur titre est transparent et clair. Peut-être parce que celui qui a obtenu un diplôme en gynécologie ne peut pas s'installer en tant que dermatologue, ni accepter un poste de neurochirurgien à l'hôpital.
Peut-être parce qu'ils ont su faire reconnaître leur utilité publique et donc faire rembourser au moins une part de leurs actes: de mon point de vue, la question de l'investissement financier nécessaire du patient est, a minima, limitée à la sphère des thérapies psychanalytiques, qui ne sont qu'une infime part du travail "des" Psychologues dans leur ensemble. Quand à la réelle valeur de cette nécessité, même dans ce cadre-là... Telle qu'elle est appliquée aujourd'hui, elle revient à dire que seuls les riches peuvent bénéficier des services des psys, donc les pauvres n'ont pas droit au bien-être? Peuvent s'en passer (donc nous ne sommes que du superflu)? N'ont pas les capacité d'élaboration suffisantes pour tirer profit d'un accompagnement psy (la psychothérapie, utilisable seulement par une élite)? Mais bon, ceci est encore un autre débat...
Peut-être aussi parce que les médecins ont su faire valoir la valeur scientifique de leurs bases théoriques. Les notres sont encore tellement floues! Pourtant, la neuropsychologie apporte des bases scientifiques, les études sur n'importe quelle méthode peuvent constituer des bases scientifiques pour peu qu'elles soient réalisées avec rigueur, mais pourtant on continue à passer aux yeux du public pour, pardonnez-moi le mot, des baltringues qui font joujou avec leurs cerveaux en nous appuyant sur notre seule subjectivité... Est-ce qu'on ne vaut pas mieux que ça?
Peut-être aussi parce que les médecins, eux, savent avoir un discours commun auprès des pouvoirs publics. OK, ça passe par un Ordre avec tout ce que ça entend de négatif, je ne suis pas sûre non plus de vouloir ça, mais au moins, ça permet de parler d'une seule voix et de faire défendre leurs intérêts, ça leur permet d'apparaître dans les textes de loi (pas un seul "Psy" dans le plan Alzheimer, mais déjà des professions intermédiaires pour nous remplacer, comme les AMP, moins payés, moins qualifiés, mais remboursés et plus facilement contrôlables car assimilés au para-médical...), ça leur permet une certaine visibilité et donc transparence aux yeux du grand public.
Peut-être aussi pour des tas d'autres raisons auxquelles je n'ai pas pensé... Vos idées?
Le "psy" qui lit dans nos têtes est déjà un concept qui fait peur, en soi. Si en plus, on est incapables d'expliquer clairement ce qu'on fait, dans quel cadre, à quoi ça sert, et de le faire reconnaître comme ayant une vraie valeur, preuve à l'appui, comment voulez-vous qu'on soit crédibles? Les médecins se font des guéguerres, bien-sûr, mais au niveau supérieur ils parlent tous d'une même voix. Nous, qui nous prétendons parfois les "sages avisés" qui conseillent le monde sur la meilleure façon d'être et d'agir (voir les nombreuses émissions médiatisées "Allô le psy, comment dois-je élever mes enfants/récupérer mon mari/etc"), on n'a pourtant comme seule image publique, les guéguerres puériles entre fédérations et sociétés de psys, entre freudiens et lacaniens, entre psys sociaux et autres, etc, même pas foutus d'expliquer ce qu'on apporte de plus ou de différent du psychiatre, qui lui, est remboursé et bien à l'aise chez les médecins... On a l'air fins...
Voilà peut-être pourquoi on a du mal à trouver un job: rien ne nous soutient au-dessus de nous, et c'est à chaque psy d'aller démontrer sa valeur personnelle et individuelle, au cas par cas, sur ses lieux d'embauche. Le bagou permet comme ça à des psys formés au vieillissement de travailler en crèche, à des spécialistes des psychothérapies psychanalytiques de travailler en consultation mémoire, à des psys formés à la recherche uniquement, de devenir praticiens en quelques centaines d'heures de stage, sans formation théorique sur la clinique.
Y'a quand-même des choses qui tournent pas rond, dans le beau bordel de notre profession... ^^
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