XVème carrefour Toulousain,
Réminiscences, entre mémoire et oubli
Congrès : 9 et 10 octobre 2009 Toulouse
Dans le processus de permanence de notre identité, la mémoire et ses réminiscences n’assurent elles pas la continuité de notre histoire ; corrélation et interaction entre passé et présent, sorte d’emboitement producteur de demain ?
La réminiscence est-elle une image qui fait effraction ? Ou une sensation qui s’impose tel un goût de madeleine" ? Ou bien une émotion connue mais inconnue qui revient quand on ne l’attend pas ?
Est-elle d’origine psychique, corporelle, somatique, interpersonnelle ?
C’est en découvrant la névrose hystérique que Freud introduit la notion de "réminiscence". Il en dégagera une conception de la mémoire et une conception des mécanismes de l’oubli, avec le prototype du refoulement. Si mémoire et oubli se situent au coeur de la psychanalyse et des pratiques psychologiques, toute psychothérapie ne présuppose-t-elle pas, implicitement ou explicitement, une théorie de la mémoire… et de la réminiscence ?
La réminiscence de sensations, d’émotions, de gestes, d'images ou d’idées provenant d’expériences passées, non nécessairement refoulées mais préservées depuis toujours dans la mémoire, pose une triple question.
D’abord la question du comment elles ressurgissent, de leur encodage dans diverses mémoires (procédurale, épisodique et sémantique) dont les mises en jeu sont spécifiques à chacune : corporelle, interactionnelle ou verbale. Puis la question du pourquoi de leur résurgence et de leur actualisation dans le contexte thérapeutique : pourquoi ici et maintenant ? Enfin, la question de la réponse thérapeutique qu’elle sollicite : évoque-t-elle un conflit, un déficit narcissique, un syndrome de stress post-traumatique, un syndrome neurologique (Alzheimer, Parkinson, etc.) ?
Les réminiscences s’inscrivent dans le cours de la vie et dans le cours du processus thérapeutique comme des signes informatifs ou des signaux d’alerte, d’où qu’ils viennent. Elles nous indiquent comment les traces sensorielles et émotionnelles, déjà présentes chez le foetus, organisent le développement normal ou le fixent sur un mode pathogène ou traumatique, vont et viennent, s’absentent parfois pour toujours. Mais elles nous indiquent aussi un possible chemin vers la résilience…
Ce Carrefour proposera un débat d’idées extrêmement stimulant autour de la question des réminiscences, de la mémoire et des oublis : propositions théoriques, hypothèses cliniques, pratiques thérapeutiques aux confins du corps et du psychisme, du préverbal et du verbal, du bébé et de l’adulte, de l’individuel et de l’interpersonnel, de la souffrance et de la résilience.
Avec la participation de :
Joyce Aïn, Catherine Amoyal, Pierre Bustany, Boris Cyrulnik, François Estivals, Bernard Golse, Antoine Lejeune, Pierre Lemarquis, Suzanne Maiello, Sylvain Missonnier, Virginie Pape, Alain Roucoules, Guy Tonella et Nathalie Zajde.
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