Je vais rajouter quelques informations au sujet de ce Master, j'y suis depuis cette année en M1 intitulé "Psychologie Clinique, Psychopathologie et Psychothérapie".
Je confirme les éléments apportés par Barbara, en nuançant très légèrement la notion de l'orientation "cognitiviste". C'est vrai que l'approche cognitive tient une place importante. Ceci dit, au moins pour le programme de M1, il n'y a pas d'UE qui enseigne les TCC proprement dites.
En revanche, une théorie qui tient une place importante, c'est "
La Pragmatique", qui est plus une technique qu'une théorie (la théorie qui fonde la pragmatique, c'est la linguistique, et là, c'est du côté cognitif ...et non du côté du signifiant, comme cela me plairait beaucoup plus

).
Nous avions un passage très sommaire sur la "co-construction du discours" selon Ghiglione (ancien prof Paris

dans le poly de Sociale de 2e année. Voilà le champ de la pragmatique : analyse du discours, puis, à l'aide du discours, modifier le réel (du patient). voilà ce qui se passe - selon les défendeurs de cette approche - en psychothérapie. Dans cette perspective-là, toutes les thérapies se valent, pourvu qu'elles sont efficaces (voilà la vision "pragmatique" - faut qu'ça marche ...) toutes les thérapies ne sont qu'un moyen de transformer le réel.
Par ailleurs,
l'approche systémique est à connaître et à utiliser. A mon sens, c'est très intéressant, mais représente un boulot énorme, à entreprendre en dehors des cours proprement dits.
Volet suivant, les neurosciences, plus particulièrement la
neuropsychologie : là, l'approche cognitive (j'ai retrouvé de très nombreux éléments des cours de cognitive de 2e année et de neurosciences de 3e année au Mirail) est mis en lien avec la neurologie. Les troubles du comportement sont expliqués à partir de dysfonctionnements neurophysiologiques. Approche et recherche expérimentale.
Enfin, la
psychopathologie :
l'approche se veut "multiréférentielle" (le crédo qui soutient l'enseignement de l'ensemble du cursus est l'ouvrage du directeur du Master, Serban Ionescu, sur 14 approches de la psychopathologie, illustrées à travers l'exemple de l'autisme). En clair, il ne faut exclure, ni accorder l'exclusivité à aucune approche. Je trouve cela assez intéressant sur le principe, et je ne retrouve pas trop ici cette difficulté à repérer les références d'une théorie plus qu'une autre qui nous pose parfois tant de difficultés à Tlse.
Les cours de psychopathologie sont très structurés, très clairement axés sur le DSM en ce qui concerne la nomenclature. En ce qui concerne la référence à l'étiologie (exclu du DSM), elle est rattachée à cet ouvrage de Ionescu (donc différentes explications peuvent être données sur l'étiologie).
Le sujet du cours de psychopathologie n'est pas directement l'enseignement des catégories (dans une autre discussion, il a été dit à juste titre qu'on peut lire cela dans les bouquins), mais c'est l'enseignement d'une "technique diagnostique" - encore une fois, très orientée vers la pratique clinique, en suivant la démarche médicale, psychiatrique.
C'est en cela que le DSM peut avoir - à mes yeux - un véritable intérêt : les catégories aident lorsqu'il faut mettre en place une démarche technique concrète, "précise" (avec toutes les réserves qu'il faut - à mas yeux - émettre quant à ce terme de précision !!). En ce qui me concerne, je pense qu'il est indispensable d'avoir une référentiel de base
autre que le seul DSM.
Pour finir, le fameux sujet de la
psychanalyse : il est clair qu'elle ne fait pas partie de l'enseignement proprement dit. Mais lors des regroupements, on a bien pu sentir que certains profs sont clairement orientés PA (aucun de façon exclusive cependant), d'autres clairement non-PA.
D'abord, j'avais l'impression que la PA était ... tolérée ... à condition que d'autres théories soient travaillées au même titre.
Un mémoire de recherche uniquement sur la PA : faut même pas y penser !
Maintenant, ayant lu quelques ouvrages de différents profs de la fac, je commence à me dire qu'elle devrait être plus que tolérée certains écrivent à partir de positions clairement psychanalytiques). Mais, c'est un fait, elle n'est pas DU TOUT défendue ouvertement.
J'avoue qu'il m'est assez difficile de structurer mon travail dans ces conditions-là, bien que l'enseignement soit de qualité.
J'ai surtout l'impression que parfois "ce n'est pas mon truc" = je suis en train de faire des études qui "ne sont pas les miens" ... J'essaie de prendre ce qui est utile, de nourrir mon travail de ces aspects pratiques (ce qui est bien appréciable quand-même), puis je mène ma démarche personnelle de mon côté (démarche personnelle, travail PA en Cartel, aller à des conférences, séminaires sur place). Aussi, je me concentre sur le sujet du mémoire, où il sera indispensable que je développe un sujet qui m'appartient vraiment, une question qui est la mienne. Quitte à la mettre en lumière avec différentes approches ...
Tiens, à propos du
mémoire de recherche : encore une fois, le travail de recherche doit être "clinique", c'est à dire qu'il n'est pas possible de mener une recherche théorique, comme - si je ne me trompe pas - c'est possible à Toulouse, non ?
Egalement le
stage de M1 : il s'agit d'un stage clinique de 300 heures. Choix libre de la structure pour effectuer le stage. (en fait : si on additionne 105h de stage de M1 et 200 h de stage de préréquis de M2 clin, à faire à Toulouse, on arrive quantitativement au même résultat entre Paris 8 et Tlse). Quant au rapport de stage, ce qui est attendu à Paris est conséquent : il me semble entre 30 et 60 pages (ou + ?), présentation stage, conditions, travail effectué, observations cliniques et et réflexion.
Combiner stage et recherche est possible, mais il faut rendre deux travaux écrits (mémoire + rapport de stage)
Quant à l'
organisation des études :
malgré quelques dysfonctionnements (envoi des cours à noël; l'ensemble du programme parfois flou, à cause d'un changement de support des cours (migration de Dounod vers puf => certains cours réécrits, d'autres restent anciens, mélange programme L3 et M1, sequelles liées à réforme LMD), mais quand-même assez bien structuré ...), l'organisation est somme toute très bien.
Une plateforme fonctionnelle (claroline) avec des compléments de cours et les devoirs en ligne (par UE, 3 devoirs potentiels à renvoyer ... que les profs renvoient corrigés et notés, bien que la note ne veuille rien dire sur la validation de l'UE, elle est plus un indice par rapport au travail attendu), communication par mail, réaction des profs aux mails, permanences téléphoniques par tous les profs.
Mémoire de recherche et stage très encadrés (pls regroupements dans l'année, analyse de la pratique pour le stage).
Les groupes des regroupements sont de petite taille (20 personnes environs, parfois moins). En tout, je crois qu'il y a une petite centaine d'étudiants en M1 1ere année, autant en 2e année.
L'IED et tout l'enseignement dispensé est dissocié du reste de la fac, notamment de l'UFR de psychologie en présentiel. Cela donne une impression de petite structure, tout le contraire de la fac de Toulouse.
Voilà, pour l'instant, après ce long post, je m'arrête là. Cela faisait longtemps que j'avais promis de vous raconter un peu sur ce cursus. Avant, j'étais trop prise dans ce changement quand-même assez important, avec peu de distance. Maintenant, cela m'a permis en même temps de faire le point, un "état des lieux" (surement très subjectif) suite à mon arrivée dans cette fac.
Si vous souhaitez avoir des précisions ... n'hésitez pas à le dire.