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Auteur Fil de discussion: Reflexions sur l'étonnante natalité française  (Lu 96 fois)
Cecile
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L3 - Admin Psychomirail


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« le: 18 Janvier 2009 20:53:27 »

Voici un article fort intéressant dans Marianne proposant quelques pistes de réflexions sur le fort désir d'enfant qui existe dans notre pays

La natalité française bat encore des records. Doit-on s'en réjouir? Pas sûr. Plutôt que de faire dans l'auto célébration de notre modèle social, il est possible d'y voir quelques symptômes de désordres divers.

La relation à l'enfant est en effet complexe. Elle ne se résume pas à des conditions matérielles propices engendrées par les politiques publiques avancées. Elle procède davantage de déterminants psycho-sociologiques largement indépendant du contexte économique ou de la confiance ressentie en l'avenir. On a trop associer croissance économique et forte natalité faisant du baby boom une loi absolue. Or, comme Michel Godet l'a souligné hier, certains pays en proie au chaos, tel que la Palestine, ont une natalité extrêmement élevée. Et inversement certains pays stables et prospères ont une natalité fortement déprimée.

De ce point de vue le fort désir d'enfant qui existe dans notre pays pourrait s'expliquer par des causes qui seront autant de symptômes d'un profond malaise.

Le désir d'enfant pourrait ainsi être relié à un profond rejet de la mondialisation et des nouvelles formes de management qu'elle implique dans les entreprises. Il s'agirait alors d'un symptôme de désengagement de la vie économique, d'un repli sur la sphère privée et d'un rejet assez violent de ce que j'ai appelé récemment « l'idéologie du cadre dynamique ». Qui n'a jamais entendu une collègue de bureau s'emporter un jour à propos du chef « S'il continue, je fais le troisième ! » ? La natalité pourrait alors être relié à l'attachement de la population pour les 35 heures et ces divines RTT grâce auxquelles nous avons un peu plus le temps de vivre : L'antithèse radicale du travailler plus pour gagner plus !

L'inexorable remontée de la natalité peut également être liée à la déchristianisation de notre pays et au vide spirituel qui en résulte et, avec lui, une profonde angoisse existentielle et métaphysique. Plus de doctrine morale, religieuse ou idéologique. Plus de projet collectif ni de trajectoire d'évolution à accomplir. La vie ne peut plus trouver sens que dans un bonheur individuel, de plus en plus difficile d'accès quand l'individu s'est libéré de toute structure intérieure afin de laisser libre cours à ses désirs.
L'individu-roi, censé être devenu lui-même le but ultime de sa propre existence, cherche désespérément des échappatoires à un sentiment d'absurdité qui menace de l'engloutir. Quoi de mieux alors que de donner naissance à nouveau petit moi qui lui procurera un bonheur sans fin (du moins jusqu'à l'adolescence), qui donnera définitivement un sens irréfragable son existence et développera un inédit sens du devoir qui lui manquait tant jusque là ? La passion nataliste française serait alors à rapprocher du triste record mondial de notre pays concernant la consommation de médicaments et de psychotropes. L'enfant comme le meilleur des anxiolytiques !

« une terrible carence affective consécutive d'une éducation trop libérale »

Enfin, le dernier symptôme qui peut se cacher derrière nos prouesses natalistes, serait celui d'une terrible carence affective consécutive d'une éducation trop libérale. Nous ne faisons plus des enfants pour reprendre l'exploitation familiale, pour faire la guerre ou assurer la perpétuation de certaines valeurs dont on a été soi même les dépositaires. Nous faisons aujourd'hui des enfants pour être aimé. La transmission se fait désormais à rebours. Les parents ne s'autorisent plus à rien transmettre, ni règles, ni valeurs, ni tradition. L'Enfant roi est, dans sa parfaite virginité, un être immédiatement parfait, qu'aucune forme d'éducation ne doit venir dénaturer. L'Enfant est pur amour, pure joie de vivre, à la fois innocence et Sagesse innée. Il est source de tout et réceptacle de rien. Il né sur un piédestal pour se perdre progressivement dans la banalité et la médiocrité.

L'Enfant sacralisé finit un jour par perdre son innocence et devenir un ado à problème avant de devenir un jeune à la dérive, ou alors simplement un adulte frustré et creux qui après avoir cherché obsessionnellement l'amour dans un alter-égo de l'autre sexe, finira par ressentir à son tour ce besoin d'enfanter pour se retrouver face à un prolongement de soi même quasi divinisé, qui ne lui renverra de lui même que l'image de la perfection et lui exprimera cet amour stable et inconditionnel qu'il s'est épuisé toute sa vie à rechercher.
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« Répondre #1 le: 19 Janvier 2009 06:22:16 »

J'ai l'impression avec cet article d'entendre les réflexions que j'entends tous les jours, t'es vraiment pas cool Cecile  Clin d'oeil

Entre ma collègue qui me met la pression pour "faire le 3e" (je ne vois pas en quoi ça la concerne  Triste) pour avoir l'avantage de partir à la retraite plus tôt (mais aurais-je une retraite dans 30 ans ?  Indéci), des allocations familiales intéressantes (vous pourrez enfin construire votre maison  Lèvres scellées) et une autre qui refuse totalement d'avoir un seul enfant car la vie est difficile à vivre pour soi-même alors choisir "égoïstement" de la faire vivre à quelqu'un qui n'a rien demandé, quel scandale !!!!!

J'ai le sentiment aujourd'hui (ça ne regarde que moi  Clin d'oeil), sans tomber dans le cliché ni la généralité bien évidemment, que l'on ne fait pas d'enfant parce qu'on le désire, parce que l'on aime l'autre et que l'on veut construire quelque chose avec cette personne, mais plutôt pour les avantages que cela rapporte et faire comme tout le monde. Un couple sans enfant, c'est louche tout de même  Clin d'oeil
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