01 Juin 2012 22:32:27 *
Bienvenue, Invité. Veuillez vous connecter ou vous inscrire.
Avez-vous perdu votre courriel d'activation?

Connexion avec identifiant, mot de passe et durée de la session
Nouvelles: L'hiver est passé, y-aura-t'il du psychomirail à Noel prochain. Il est temps d'y penser. Et si nous bilantions ?
http://www.psychomirail.fr/smf/a-propos-du-site-psychomirail/bilantons/
 
   Accueil   Aide Rechercher Identifiez-vous Inscrivez-vous  
Pages: [1]
  Imprimer  
Auteur Fil de discussion: On évalue bien aussi les profs  (Lu 248 fois)
groliv
Modérateur Global
Dépendant
*****
Messages: 4820



Voir le profil
« le: 09 Novembre 2009 18:54:17 »

Les états-unis sont en avance Grimaçant.

Chez-nous - je fais allusion au débat sur les évaluations nationale -, on ne parle encore d'évaluation qu'en fin de cycle à l'école primaire et on ose pas encore publier les résultats sur Internet, classer les écoles, les profs. L'idée de rémunérer un enseignant selon les résultats de ses élèves est difficilement audible.

L'évaluation partout, pour tous, sur tout... chez nous un cauchemard, chez eux une réalité. Un prof recevra sa prime selon son mérite mesuré à l'issue de 4 évaluations par an et du résultat de ses élèves (pondéré par rapport aux attentes). C'est beau de pouvoir ainsi tout mettre en équation, tout mesurer, tout rationaliser.

Je vous laisse lire cet article... le pire c'est que c'est mis en place par des "démocrates" (leur gauche). Peut-on encore critiquer l'idéologie du tout-mesurable ? Franchement, c'est pas si sur tant elle semble avoir envahi tous les esprits.

Citation
Etats-Unis Pour les profs, la carotte ou le bâton
La ville de Washington teste un système d’évaluation des enseignants du public appelé à être généralisé dans le pays. A la clé, un bonus pour les uns, un licenciement pour les autres.


Par LORRAINE MILLOT Washington, de notre correspondante


Dans les écoles de Washington, depuis cette rentrée, ce ne sont plus seulement les élèves qui sont notés, mais aussi les enseignants. Les meilleurs profs auront des bonus. Les plus mauvais seront virés.

«Je viens d’avoir ma première note, raconte Chloé (1), maîtresse de maternelle. L’inspectrice est restée une demi-heure dans ma classe, tandis que j’enseignais la lettre S. Au final, elle m’a donné 274 points sur 400. Je suis déçue.» L’inspectrice qui l’a notée avait deux griefs pour expliquer cette note plutôt médiocre. D’abord, Chloé n’a pas présenté la lettre S de façon «personnelle» à ses bambins de 4 ans.«Nous avons écouté une histoire autour de la lettre S, j’ai dessiné la lettre S, nous avons cherché la lettre S imprimée dans la classe, les enfants ont dessiné la lettre S dans leurs mains et dans l’air, énumère la maîtresse, affligée… Mais je n’ai rien dit qui soit lié à l’expérience personnelle des enfants avec la lettre S. Je ne leur ai pas demandé : "Avez-vous déjà vu un S auparavant ?"» Son autre erreur pédagogique : avoir construit une lettre S avec des pâtes ordinaires sans penser à utiliser une nouille dont le nom commence aussi par un S. Elle aurait dû employer des «Shell pasta» (pâtes en formes de coquilles), a suggéré l’inspectrice… Si elle ne s’améliore pas lors des quatre autres inspections d’une demi-heure prévues cette année, Chloé ne touchera certainement pas de bonus. Ce qui ne surprend guère cette maîtresse, qui enseigne depuis vingt-cinq ans à Washington : «De toute façon, je pense que ce nouveau système d’évaluation n’est mis en place que pour virer les vieux profs et les remplacer par des plus jeunes.»

Incompétents, démotivés

Le salaire au mérite pour les profs fait partie des grands chantiers de Barack Obama, mais curieusement, on en parle peu. Peut-être parce que l’idée divise le cœur même de l’électorat démocrate et syndicaliste, qui préférerait associer son président à d’autres avancées sociales… Mais Barack Obama est depuis longtemps grand partisan de cette réforme fondamentale des écoles. «Il est temps de commencer à récompenser les bons professeurs, cessons de trouver des excuses aux mauvais», a-t-il lancé en mars, promettant plus d’argent aux Etats qui tentent de tels programmes.

Son secrétaire à l’Education, Arne Duncan, est un pionnier du salaire au mérite, système qu’il a introduit dans les écoles de Chicago depuis 2006. Obama lui-même ne nie pas qu’il s’agit aussi de débarrasser les écoles publiques de professeurs incompétents ou démotivés : «Nous devons être sûrs que nos élèves ont les professeurs qu’il faut pour réussir. Cela signifie que les Etats et les secteurs scolaires prennent les mesures nécessaires pour sortir les mauvais professeurs des classes.»

L’éducation relève de la compétence des 50 Etats fédérés américains, mais le gouvernement fédéral peut agir par incitation. Un «fonds d’encouragement des professeurs» - créé en 2006 par l’administration Bush pour récompenser les meilleurs profs et ceux qui se risquent dans les quartiers les plus déshérités - vient ainsi de voir son budget multiplié pour passer à 297 millions de dollars. En 2010, ce fonds devrait presque doubler encore et atteindre 487 millions de dollars.

Dans le district de Columbia (c’est-à-dire à Washington-ville), une ambitieuse chancelière à l’éducation, Michelle Rhee, tente une réforme radicale pour sortir les écoles publiques d’une situation particulièrement dramatique. Ces écoles scolarisent surtout les plus pauvres, Noirs et hispaniques, qui ne peuvent se payer des établissements privés, et les résultats sont à l’avenant. Beaucoup de profs se sont aussi habitués à la médiocrité, estime la chancelière, qui vient d’en licencier 229 et compte bien en renvoyer davantage grâce au nouveau système d’évaluation introduit cette année. En contrepartie, les professeurs les plus méritants seront récompensés, assure-t-elle.

Evaluation complexe

Jason Kamras, l’architecte en chef de la réforme à Washington, promet des bonus qui pourraient atteindre jusqu’à 20 000 dollars par an pour les meilleurs profs. «Nous croyons que la rétribution doit correspondre à la performance, explique ce professeur de maths, qui fut aussi un des conseillers de Barack Obama durant sa campagne. Au total, nous sommes prêts à payer les professeurs hautement efficaces 120 000 dollars par an [81 400 euros, ndlr], explique-t-il. Contre 65 000 dollars en moyenne [44 000 euros]aujourd’hui à Washington.» En plus des nouveaux bonus à la performance, la ville de Washington promet d’augmenter le salaire de base de tous les profs et d’ajouter des primes pour ceux qui enseignent dans les quartiers les plus difficiles. Ces chiffres ne sont toutefois que des annonces : la négociation salariale avec les syndicats bloque depuis deux ans, et les premières vagues de licenciements n’ont fait que braquer davantage les syndicats.

Education et bonus financiers sont-ils vraiment compatibles ? «Vous convenez bien que tous les professeurs ne se valent pas, rétorque Jason Kamras. Eh bien nous pensons que les enseignants les plus efficaces devraient aussi pouvoir s’enrichir. Bien sûr, beaucoup de professeurs enseignent par amour pour les enfants, mais ils ont aussi des familles à nourrir, ce qui n’est pas toujours facile avec les salaires actuels. Je ne crois pas que la mission d’éducation et le besoin de gagner sa vie soient contradictoires.»

La grande difficulté pour distribuer ces bonus reste l’évaluation des professeurs, comme le montre bien l’exemple de Washington. Pour être la plus «équitable» possible, la ville a imaginé un système très complexe, baptisé Impact. La note annuelle des profs, qui décidera de leur bonus, de leur maintien en place ou de leur expulsion, dépend ainsi de quatre composantes essentielles. La première variable est la performance des élèves répondant à des tests réalisés chaque année en avril. Cette performance est pondérée par un facteur socio-économique : selon le nombre d’élèves pauvres qui bénéficient de déjeuners gratuits à l’école, on estime la «progression prévisible» d’une classe, et on compare ce résultat à la«progression réelle» obtenue par l’enseignant.

Les trois autres éléments pour noter les profs sont les notes d’inspections (5 au total) réalisées tout au long de l’année, les résultats de l’école dans son ensemble et le «professionnalisme» de l’enseignant (retards ou absences injustifiés font baisser sa note).

Même ce système extrêmement savant ne suffit pas à convaincre les syndicats de son équité. «Nous ne sommes pas contre le principe des bonus, nous sommes d’accord pour récompenser les professeurs qui ont les meilleurs résultats. A condition qu’il s’agisse bien de bonus venant s’ajouter aux salaires, assure George Parker, président du syndicat des enseignants de Washington (WTU). Le salaire lui-même ne peut être indexé sur la performance, car celle-ci est trop difficile à mesurer. Pouvez-vous m’expliquer par exemple ce qu’est une leçon dynamique ?» interroge le syndicaliste, reprenant là un des nombreux critères d’évaluation du système Impact. Pour décrocher la note 4 (la plus élevée sur une échelle de 1 à 4), un professeur doit manifester en classe une «présence dynamique» qu’Impact définit comme suit : l’enseignant «maintient l’intérêt des élèves par l’usage du langage corporel, du ton et du volume de sa voix», «il transmet l’enthousiasme pour sa matière», sans avoir à être théâtral pour autant, précise le manuel. Un enseignant qui remplit bien tous ces critères de la leçon «dynamique» mais «ne transmet pas l’enthousiasme» n’obtiendra que 2 sur 4.

«Inciter à la tricherie»

Dans les classes où Impact a déjà été testé l’an dernier, 50 % de la note des profs dépend des résultats des élèves. Un système totalement «injuste» et «déconnecté de la réalité», s’indigne le président du syndicat. «Certains enseignants ont 30 élèves dans leur classe, d’autres n’en ont que 22, souligne George Parker. D’autres encore doivent traquer leurs élèves qui ne se montrent que rarement en classe.» Nathan Saunders, vice-président du syndicat WTU, redoute pire encore : «Vouloir baser 50 % de la note des enseignants sur les résultats de leurs élèves aux tests, c’est inciter les professeurs à la tricherie. Tous ces tests, qui sont de toute façon très subjectifs, n’aideront certainement ni les professeurs ni les élèves à s’améliorer.»

Un autre professeur, spécialisé dans le développement des enfants handicapés, depuis trente-cinq ans à Washington, voit carrément dans cette réforme une «mesure raciste», «pour se débarrasser des vieux profs qui sont en majorité noirs». «Sous ses airs très sophistiqués, tout ce programme Impact vise juste à virer des vétérans, tandis que la ville continue d’embaucher en ce moment des professeurs plus jeunes, blancs ou asiatiques», accuse cet enseignant.

«A Washington, nous avons des quartiers de classes moyennes, où les enseignants peuvent travailler à peu près normalement. Et nous avons des quartiers où les enfants ont faim quand ils arrivent le matin à l’école. Ils entendent des coups de feu quand ils vont se coucher le soir, et ils voient du crack et de la cocaïne vendus à côté de chez eux, décrit ce professeur «itinérant» qui enseigne dans plusieurs établissements. Dans ces écoles-là, l’enseignant passe surtout son temps à essayer de garder la classe sous contrôle. Il n’a pas beaucoup de temps à consacrer à l’enseignement. On ne peut tout simplement pas comparer les enseignants d’un quartier à l’autre de la ville.» Même aux Etats-Unis, les bonus à l’école ne vont pas de soi.

(1) Le prénom a été modifié.
Journalisée

"Quand Lacan fait de la cure, parce qu'elle change le rapport du sujet aux objets, à la jouissance, à l'autre et aux autres, une sortie du capitalisme, je ne crois pas qu'il s'agisse d'une formule pour les chiens..."
Marie-Jean Sauret, L'effet révolutionnaire du symptôme
Poulette
équipe
Dépendant
*
Messages: 1249


break


Voir le profil
« Répondre #1 le: 15 Novembre 2009 08:32:14 »

Et l'évaluation des évaluateurs, elle se fait comment ? Sur le nombre d'enseignants virés par an ? ... Et l'évaluation des évaluateurs des évaluateurs ... hum, un nouveau métier n'est-il pas en train de naître ??
Journalisée
Cecile
Modérateur Global
Dépendant
*****
Messages: 2887


L3 - Admin Psychomirail


Voir le profil
« Répondre #2 le: 15 Novembre 2009 13:11:32 »

Citation
Pour décrocher la note 4 (la plus élevée sur une échelle de 1 à 4), un professeur doit manifester en classe une «présence dynamique» qu’Impact définit comme suit : l’enseignant «maintient l’intérêt des élèves par l’usage du langage corporel, du ton et du volume de sa voix», «il transmet l’enthousiasme pour sa matière», sans avoir à être théâtral pour autant, précise le manuel. Un enseignant qui remplit bien tous ces critères de la leçon «dynamique» mais «ne transmet pas l’enthousiasme» n’obtiendra que 2 sur 4.

Si l'on traduit "Impact" dans une perspective psychanalytique, en partant de la description Jean Charles Bouchoux des différents types de professeurs pour expliquer la génitalité....

- Un professeur essentiellement oral serait certainement très sympathique et aurait une logorrhée abondante.Mais il y a fort à parier qu’il se perdrait dans les méandres de sa logique et que son discours deviendrait une écholalie
incessante.
- Un professeur essentiellement anal préparerait des cours impeccables et proposerait sans doute des supports très complets, mais il risquerait d’être rapidement ennuyeux par excès de méticulosité.
- Un professeur phallique aurait compris que celui qui possède le savoir possède le pouvoir, aussi n’aurait-il pas intérêt à transmettre ses connaissances. Il emploierait sûrement un langage abscons et incompréhensible, afin
de garder le pouvoir.


.....Et que l'on réussi à équilibrer ces trois descriptions, cela donnerait un prof :

1. suffisamment anal pour collectionner l’information et préparer ses cours
2. suffisamment oral pour aimer les transmettre ;
3. suffisamment phallique pour garder le pouvoir sur sa classe et faire régner un cadre propice aux études. 

Cela ne règle pas pour autant la garantie d'une évaluation à 4/4 , d'un résultat excellent au niveau des notes des élèves et de "la transmission de l'enthousiasme"
Mais au moins le prof vivrait comme une réussite le fait d’avoir transmis son savoir et de voir ses élèves identiques à lui. Ayant résolu son propre OEdipe, il permettrait aux autres de prendre la place qui leur revient.
 Souriant Souriant

Note: désolée pour ce petit moment d'égarement avec un sujet aussi sérieux....sûrement l'impact de certains polys et lectures associées Grimaçant
Journalisée

“Quiconque prétend s'ériger en juge de la vérité et du savoir, s'expose à périr sous les éclats de rire des dieux puisque nous ignorons comment sont réellement les choses et que nous n'en connaissons que les représentations que nous nous en faisons”
Albert Einstein
Poulette
équipe
Dépendant
*
Messages: 1249


break


Voir le profil
« Répondre #3 le: 15 Novembre 2009 14:31:00 »

Merci Cécile pour ce délicieux moment ..  Souriant
Journalisée
Pages: [1]
  Imprimer  
 
Aller à:  

Propulsé par MySQL Propulsé par PHP Powered by SMF 1.1.11 | SMF © 2006-2009, Simple Machines LLC XHTML 1.0 Transitionnel valide ! CSS valide !