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Auteur Fil de discussion: Le professeur Claude Olievenstein, le "psy des toxicos", est mort  (Lu 109 fois)
Cecile
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« le: 15 Dcembre 2008 21:28:16 »

Source : le Monde

Fondateur du Centre Marmottan, à Paris, pour le traitement des toxicomanes, le professeur Claude Olievenstein, surnommé le "psy des toxicos",  est mort, dimanche 14 décembre, dans la capitale, à l'âge de 75 ans, a-t-on appris lundi auprès de Marc Valleur, médecin-chef de Marmottan.
Le professeur Olievenstein était "en soins palliatifs" à Jeanne-Garnier, une clinique privée du 15e arrondissement, a indiqué le docteur Valleur. "Il était atteint depuis une dizaine d'années d'une maladie de Parkinson invalidante et était quasi inconscient ces dernières semaines."

Claude Olievenstein fut l'un des pionniers, au début des années 1970, d'une méthode de prise en charge des jeunes toxicomanes. Il avait créé le Centre Marmottan en juillet 1971, alors qu'un mouvement dans l'opinion publique s'était ému de morts de jeunes par overdose.

"Olievenstein dans le monde de la toxicomanie, c'est un peu Big Ben qui s'arrête", a estimé Marc Valleur, qui avait succédé en 2001 au "docteur Olive" lorsque ce dernier avait pris sa retraite.

Claude Olievenstein était né le 11 juin 1933 à Berlin. Après des études à la faculté de médecine de Paris, il avait consacré toute sa carrière, comme psychiatre, au traitement des toxicomanes.

Il était l'auteur de plusieurs ouvrages dont La Drogue (1970) et Il n'y a pas de drogués heureux (1977). Claude Olievenstein était chevalier de la Légion d'honneur, officier de l'ordre national du Mérite et décoré de la croix de la valeur militaire.

Pour en savoir un peu plus sur lui .....ici
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“Quiconque prétend s'ériger en juge de la vérité et du savoir, s'expose à périr sous les éclats de rire des dieux puisque nous ignorons comment sont réellement les choses et que nous n'en connaissons que les représentations que nous nous en faisons”
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« Répondre #1 le: 17 Dcembre 2008 22:18:21 »

Un article d'Elisabeth Roudinesco à son sujet:  ici
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“Quiconque prétend s'ériger en juge de la vérité et du savoir, s'expose à périr sous les éclats de rire des dieux puisque nous ignorons comment sont réellement les choses et que nous n'en connaissons que les représentations que nous nous en faisons”
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« Répondre #2 le: 18 Dcembre 2008 07:43:28 »

Merci Cécile. Intéressant le parcours de cette homme d'exception.

Je colle ci-dessous l'article cité (les articles du monde ne restent pas très longtemps disponibles sur le site)

---

"Fondateur du Centre Marmottan pour le traitement des toxicomanes, à Paris, Claude Olievenstein est mort à Paris, dimanche 14 décembre, des suites d'une maladie de Parkinson invalidante. Il en avait senti très tôt les effets dévastateurs, au point de consacrer l'un de ses ouvrages à cette question (Naissance de la vieillesse, Odile Jacob, 2000). L'un de ses nombreux livres. Ainsi, dans Le Non-dit des émotions (Odile Jacob, 1988), il explorait l'"indicible" au-delà de la langue ; L'Homme parano (Odile Jacob, 1992) peut être considéré comme un véritable manuel clinique des petits et des grands délires de persécution.

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Dates clés

11 juin 1933
Naissance à Berlin.

1968
Médecin psychiatre.

1971
Fonde le Centre Marmottan à Paris.

14 décembre 2008
Mort à Paris.

Sur le même sujet
Claude Olievenstein, fondateur du Centre Marmottan, à Paris, pour le traitement des toxicomanes, le 19 novembre 1994.
Portrait Claude Olievenstein, le révolté de Marmottan
Chat Tristan Jordis : "L'ensemble de cet univers donne à comprendre sur les drogues"
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"J'aurais pu être un petit nazi si je n'avais été, aussi, un petit juif" : c'est ainsi que commence le livre majeur de celui que l'on appelait "Olive" et qui fut le pionnier du traitement des toxicomanes en France (Il n'y a pas de drogués heureux, Laffont, 1977). En écrivant ces lignes provocatrices, il savait pourtant qu'il avait déjà choisi son camp : celui des victimes, et non pas celui des bourreaux.

Claude Olievenstein était né à Berlin le 11 juin 1933. Enfant, il assista à une scène classique d'humiliation, celle-là même qui, à Vienne, au milieu du XIXe siècle, avait été infligée au père de Sigmund Freud. Un soir, après qu'il eut été emmené au cirque par son grand-père, avec son frère Armand, il vit un nazi gifler le vieil homme et le jeter au sol : "Je le revois à quatre pattes, et, aujourd'hui encore, je ressens en moi une incroyable montée de haine. Mon grand-père, qui était un homme fier, s'est relevé sans mot dire, a épousseté son chapeau et nous a repris par la main (...). Pour cet homme qui était très sincère, l'humiliation a été vécue comme un écroulement total, global. Et il a eu la réaction qui, vingt ans plus tard, serait la mienne : il a revendiqué sa solidarité avec son peuple."

Par deux fois, la famille Olievenstein échappe à l'extermination. D'abord en quittant l'Allemagne pour s'installer en France et ensuite en refusant de se soumettre au port de l'étoile jaune imposé par le régime de Vichy.

Après une enfance qui lui apprit à dissimuler ses origines, Claude Olievenstein rejoint Paris, ville aimée, où il poursuivra ses études : "Nous avions désormais notre place dans le monde. Nous avions le droit d'être nous-mêmes, le problème juif avait cessé d'exister."

Les deux frères deviennent psychiatres. Sous le nom d'Armand Olivennes (1931-2006), l'aîné sera aussi poète et auteur de nombreux ouvrages. Il épousera Maria Landau, psychanalyste, élève et chef de clinique de Jenny Aubry (1903-1987), dont il aura trois fils. Quant au cadet, tout aussi iconoclaste et d'une générosité hors du commun, il découvrira son homosexualité après avoir aimé des femmes et rédigé des pages superbes sur sa compagne et collaboratrice, Edith, analysée par Jacques Lacan (1901-1981), et qui mourra en absorbant des somnifères.

Il ne cessera par ailleurs - après avoir été l'élève d'Henri Baruk (1897-1999) et avoir soutenu sa thèse sur le LSD - d'être un militant politique, contestataire de l'ordre psychiatrique, marqué par les travaux de Michel Foucault (1926-1984), puis ami d'un autre philosophe, Jacques Derrida (1930-2004).

Il adhéra d'abord aux Jeunesses communistes, dont il sera exclu, puis à l'Union des étudiants juifs de France. Après les événements de mai 1968, il fondera, en 1971, à l'hôpital de Marmottan, hideux bâtiment de brique rouge, le Centre médical d'accueil, d'orientation, de soins pour toxicomanes non alcooliques, dont le rayonnement sera considérable, en France et à l'étranger, notamment en Amérique latine. Il sera aussi nommé, en 1987, professeur associé d'anthropologie à l'université de Lyon, où il animera un séminaire sur les exclus et les marginaux.

HOSTILE À TOUT ESPRIT DE CHAPELLE

C'est en 1958, à l'hôpital de Maison Blanche - avant Villejuif et Sainte-Anne -, qu'il croise l'aventure de la psychiatrie de secteur, dont les artisans sont alors partagés en deux tendances. Les uns sont attachés à la nosologie classique ; les autres sont portés par l'enseignement de Jacques Lacan. "Pour ma part, disait Olievenstein, j'étais évidemment un chaud partisan de la psychanalyse, d'autant que je venais de découvrir Lacan, l'homme qui, avec Merleau-Ponty, (philosophe, 1908-1961) m'a, à ce moment-là, le plus influencé."

Hostile à tout esprit de chapelle et grand voyageur en quête d'autres cultures, Claude Olievenstein fréquentera le divan sans intégrer aucun courant. Il n'empêche que l'expérience de Marmottan s'inscrit dans la grande histoire de l'approche dynamique de la psyché. En effet, rejetant à la fois l'institutionnalisation des drogues de substitution, parmi lesquelles la méthadone et les neuroleptiques - et non pas leur usage au cas par cas -, il privilégiait à Marmottan les prises en charge de longue durée fondées sur une relation transférentielle avec les patients, seule manière de les faire émerger lentement de l'enfer de la drogue.

Il fut vivement attaqué pour s'être opposé, pendant un temps, à la vente libre des seringues, n'hésitant pas ensuite à changer d'avis lorsque survint l'épidémie du sida.

Opposé autant à la dépénalisation, qui favorisait la jouissance autodestructive des toxicomanes, qu'à une politique répressive qui risquait de les confondre avec les narcotrafiquants, il usa de son franc-parler et de sa forte présence dans les médias pour se mettre au service des victimes - manière de ne pas oublier son destin initial.

La France doit beaucoup à Claude Olievenstein dans ce domaine. Il faut se rappeler la leçon d'humanisme, de tolérance et de rigueur qui fut la sienne, et non se complaire dans une logique sécuritaire de prétendue "domestication" qui ne fera que criminaliser davantage le peuple des drogués.
Elisabeth Roudinesco"
Journalisée

"Quand Lacan fait de la cure, parce qu'elle change le rapport du sujet aux objets, à la jouissance, à l'autre et aux autres, une sortie du capitalisme, je ne crois pas qu'il s'agisse d'une formule pour les chiens..."
Marie-Jean Sauret, L'effet révolutionnaire du symptôme
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